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Logistique

Port de Radès : la logistique de l'export d'huile d'olive vrac

Publié le 27 juillet 2026 · 7 min

Par l'équipe négoce Virginia · relu par Tarek Neffati, président

Un conteneur d'huile d'olive tunisienne ne quitte pas le pays le jour où le flexitank est chargé, mais le jour où un créneau se libère au terminal. Le port de Radès concentre l'essentiel du trafic conteneurisé tunisien — dont la quasi-totalité des exports d'huile d'olive en vrac — et ses délais de traitement pèsent directement sur le calendrier de livraison d'un acheteur européen ou nord-américain. Voici ce qu'il faut anticiper avant de caler un chargement, en pleine saison de récolte ou hors pic.

Radès, la porte de sortie du vrac tunisien

Administré par l'Office de la Marine Marchande et des Ports (OMMP) et opéré par la Société tunisienne d'acconage et de manutention (STAM), le port de Radès est structuré autour d'un terminal spécialisé conteneurs et unités roulantes. Il concentre à lui seul l'essentiel du trafic conteneurisé national — de l'ordre de huit conteneurs sur dix en tonnage, selon les évaluations de capacité logistique compilées pour le secteur humanitaire international. La STAM a modernisé l'outil depuis 2019 : système de gestion des opérations portuaires (TOS), grues RTG supplémentaires, portique d'entrée automatisé (« smart gate ») pour fluidifier le flux de camions aux grilles. Sur le plan maritime, Radès est relié en direct à Marseille et Gênes par plusieurs armateurs — Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN), CMA CGM, MSC — avec, sur la seule ligne Marseille-Tunis, jusqu'à trois départs par semaine et une traversée d'environ 36 heures. C'est cette proximité géographique qui fait de Radès un point de passage quasi obligé pour le flexitank d'huile d'olive à destination de l'Europe continentale.

Le vrai sujet n'est pas la traversée, c'est le délai de traitement

Trente-six heures de mer ne disent rien du calendrier réel d'un chargement. Le goulot d'étranglement se situe avant l'embarquement : une évaluation de la Banque mondiale a chiffré le temps de rotation moyen d'un conteneur à Radès à 18 jours, environ trois fois plus long que dans des ports marocains comparables — un écart attribué davantage à la lourdeur des procédures administratives et à la saturation chronique des terminaux qu'à un manque d'équipement. La même analyse estime qu'une réduction de 10 % de ces délais allégerait la facture d'importation tunisienne d'environ 500 millions de dollars, soit près de 1,25 % du PIB : une mesure de l'ampleur macroéconomique du problème, bien au-delà du seul secteur oléicole. Lors des pics d'engorgement, plusieurs armateurs desservant Radès, dont CMA CGM, ont par le passé publié des surcharges d'urgence pour congestion, répercutées sur le fret des chargeurs.

Pour un acheteur qui réserve un flexitank, la conséquence est concrète : le délai entre la confirmation de commande et l'embarquement effectif varie sensiblement selon la période et ne se laisse pas comprimer par la seule vitesse du navire. Des exportateurs oléicoles tunisiens interrogés sur leurs difficultés d'accès aux marchés citent d'ailleurs la lenteur du passage portuaire, aux côtés du financement et des capacités d'embouteillage, comme frein structurel à la croissance des ventes. Prévoir une marge de plusieurs jours entre la date de mise à disposition souhaitée par le client et la date de départ navire n'est pas une précaution excessive : c'est une donnée du système, à intégrer dès la négociation du contrat plutôt qu'à découvrir au moment du booking.

Le pic de récolte, pic de congestion

La période où la pression sur le terminal est la plus forte coïncide avec celle où les volumes d'huile d'olive sont les plus élevés. Selon l'observatoire ONAGRI, la campagne 2025-2026 a vu les exportations tunisiennes bondir de 57,9 % sur les sept premiers mois (novembre-mai), pour dépasser 327 000 tonnes — un rythme d'expédition concentré sur les mois qui suivent immédiatement la récolte, de novembre à janvier, que nous détaillons dans notre calendrier de campagne. Cette concentration saisonnière signifie que la demande de créneaux flexitank à Radès culmine exactement quand la disponibilité de conteneurs vides et de plages de chargement est la plus tendue. Un acheteur qui réserve son volume en octobre, avant le pic, part avec un avantage réel sur celui qui négocie son booking en plein mois de décembre.

Diversifier la sortie : Sfax, Sousse et les ports secondaires

Radès n'est pas l'unique option. Trois ports tunisiens jouent un rôle, direct ou indirect, dans l'export d'huile d'olive et méritent d'être connus d'un acheteur qui veut sécuriser son calendrier :

PortSpécialisationPertinence huile d'olivePoint d'attention
RadèsConteneurs et unités roulantesVoie quasi exclusive du flexitank vers l'EuropeDélais de traitement les plus longs, pic de congestion en saison
SfaxPort polyvalent (vrac solide, liquide, marchandises générales)Jetée pétrolière dédiée (tirant d'eau ≈ 10,5 m), proximité immédiate des huileries du Sahel et de SfaxMoins calibré pour le conteneur standard, mieux adapté au vrac liquide en citerne
SoussePort régional du Sahel, environ 2,3 millions de tonnes de trafic annuelL'huile d'olive figure historiquement parmi les flux sortants du portCapacités conteneurs plus limitées que Radès

Le port de Zarzis, dans le sud-est du pays, a par ailleurs initié des liaisons conteneurisées directes vers l'Italie et la Libye — un signal de diversification à suivre plutôt qu'une alternative mûre pour le vrac aujourd'hui. Pour un négociant implanté à Sfax et dans le Sahel, la possibilité d'arbitrer entre plusieurs points de sortie selon la localisation de l'huilerie d'origine et l'état des files d'attente est un levier réel, pas théorique : cela évite de faire remonter un lot vers Radès quand une jetée plus proche peut absorber le même flexitank sans allonger le pré-acheminement routier.

Documents à avoir prêts avant le passage portuaire

Un dossier documentaire incomplet ajoute son propre délai à celui du terminal, et les deux se cumulent plutôt que de se recouvrir. Avant la réservation du créneau :

  • Bulletin d'analyse ONH et, selon le marché de destination, certificat sanitaire à jour ;
  • Certificat d'origine délivré par la chambre de commerce, condition d'accès au contingent tarifaire à droit nul pour l'huile d'olive tunisienne vers l'UE ;
  • Incoterm et répartition des responsabilités clarifiés par écrit avant booking — voir notre guide FOB, CIF, DAP — pour éviter tout flottement sur qui réserve le navire et qui gère la douane export ;
  • Contenant confirmé (flexitank certifié, isotank disponible sur la ligne) et police d'assurance cargo couvrant explicitement le risque de fuite, un point que nous détaillons dans notre article sur l'assurance cargo et la lettre de crédit ;
  • COA scellé du lot, transmis avant chargement pour lever tout doute qualité au moment où le temps presse déjà sur le plan logistique.

Un dossier prêt en amont ne supprime pas l'aléa portuaire, mais il évite d'y ajouter un aléa documentaire — le seul des deux qu'un acheteur maîtrise entièrement de son côté.

Ce qu'un négociant expérimenté change concrètement

Le port ne se choisit pas au dernier moment. Une réservation de créneau anticipée, un dossier documentaire complet et un contenant adapté au volume préparent le terrain avant même que le camion ne quitte l'huilerie. Virginia qualifie chaque demande sous 24 h ouvrées depuis ses bureaux de Paris et de Sfax/Sahel, avec un réseau d'huileries partenaires donnant accès à plus de 30 000 tonnes par campagne : le choix du point de sortie — Radès en priorité, Sfax ou Sousse selon la localisation du lot et le calendrier du client — se fait à ce stade, pas après le chargement. Chaque lot reste rattaché à son huilerie d'origine, avec dégustation systématique et COA (acidité, indice de peroxyde, K232/K270) transmis avant embarquement, contre-analyse SGS possible au chargement.

Un chargement qui tient ses délais

La logistique portuaire tunisienne reste un paramètre à gérer, pas un obstacle à contourner : elle se pilote par l'anticipation, la préparation documentaire et le choix du bon terminal selon la saison. Demandez un devis en précisant votre fenêtre de livraison souhaitée et votre calendrier de campagne : nous calons le chargement — huilerie, contenant, port et créneau navire — pour tenir la date annoncée, y compris en plein pic de récolte.

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